Je parle du numéro 12 de cette publication. La France, une idée de Dieu.
Un bémol est qu'il cite les propos de l'Antipape Bergoglio, qui affirme que cette espérance est "responsabilisant, pas aliénant" ... genre les meilleurs propos que cet homme eut pour la Résurrection devaient être défigurés par des termes marxisants et psychologisants.
Un autre est qu'il n'est pas à jour quant aux attaques des sceptiques. Ils citent 5 faits "que personne ne conteste" dont quasiment le seul non contesté de nos jours est la mort de Jésus (et encore il y a des Musulmans qui la contestent, autre question, ces gens là confondent Miriam la soeur de Moïse avec Marie la Mère de Jésus).
Est-ce au minimum un fait que les Juifs parlent d'un vol de cadavre ?
St. Matthieu (ch. 28) dit que cette accusation est encore répandue :
Les soldats prirent l’argent, et firent ce qu’on leur avait dit ; et ce bruit qu’ils répandirent se répète encore aujourd’hui parmi les Juifs.
Mais "encore aujourd’hui", c'est quand il écrit. Vers 41 AD, 8 ans après les événements. En chapitre 108 du dialogue, Justin accuse Tryphon d'un Judaïsme ayant parsemé cette rumeur par toute la terre. Mais dans ce chapitre, c'est Justin qui parle, pas Tryphon. La dernière fois que Tryphon avait parlé avant ça était en chapitre 90. Il n'avait pas évoqué le vol, mais demandé les signes dans l'Ancien Testament (quand Josué et encore un aident Moïse à tenir les bras "en croix" en est le premier, dans la réponse de Justin).
Dans le Sepher Toledoth Yeshou, le vol est censé être évité. Notons que cette version est du quatrième siècle. Au moins c'est l'opinion de Michael Maas, The Cambridge Companion to the Age of Justinian, Cambridge University Press, 2005, p. 406 (ISBN 0-521-81746-3).
Donc, l'idée que les Juifs accusent les Disciples d'avoir volé le cadavre n'est pas un fait incontesté qu'on peut mettre dans un panier de "minimal facts" ... j'ai vu que certains parlent de gardiens romains devant le tombeau, mais je ne pense pas que des soldats romains auraient pu parler avec les souverains prêtres et conclure un deal avec eux. Notons :
Et si le gouverneur vient à le savoir,
Exprimé comme éventualité par les Princes des prêtres. Or, pour un gardien juif, ça aurait été une éventualité, pour un gardien romain plutôt une certitude très difficile à éviter.
Les sceptiques vont dire que l'idée d'un cadavre volé est de ces choses que les Chrétiens ont "mis dans la bouche" des Juifs. Un homme de paille. Je dirais que la version dans le Sepher Toledot Yeshou est un signe probable, mais pas une preuve sans faille, que les Juifs avaient fait cette accusation, et qu'ils avaient changé de version une fois que c'était clair que leur première version avaient l'effet inverse.
Disciples galvanisés après la peur, encore une chose dont pas mal ne sont pas d'accord. Pour des historiens du métier, je ne sais pas, mais parmi les sceptiques de leur communauté, il y en a qui disent que tout ça était un mythe inventé plus tard.
Et ceci est effectivement la stratégie qui me paraît la plus répandue. Fiction. Mythe "émergé" plus tard. Et de cette manière. Et là, 1000 raisons de croire est défectueux, ne dit rien contre cette théorie. À moi d'en faire ma charge. Et sans de faire appel au consensus de l'expertise, chose vaccillante et erratique (il y en a pas mal qui prétendent l'Évangile St. Matthieu écrit vers l'an 70, par exemple, ou après celui de St. Marc).
Or, on a pris, parfois, ma position sur "tradition" comme du fidéisme. Condamné à deux reprises, comme noté dans l'article. Je refuse cette équivalence. Voici, d'abord, ma position :
Dans la présence d'une tradition, sur un fait observable par la communauté de laquelle elle est tradition, qui a quelque chance de venir du temps des faits (pas nécessairement dans son emballage actuel), la première réaction doit être de respecter la tradition, pas de demander des preuves supplémentaires. La charge de preuve est sur celui qui la met en doute.
Notons, j'ai dit "la première réaction" pas forcément en tous les cas la réaction définitive. Prenons une tradition chez Tite Live :
Romulus a fondé Rome, il est le fils de Mars par une femme mortelle.
Distinguons :
Romulus a fondé Rome,
J'accepte.
il est le fils de Mars par une femme mortelle.
La théologie chrétienne exclut à la fois l'existence d'un tel "dieu" et que des "dieux" comme ça eussent d'enfants avec des femmes humaines. À la limite un démon a pu, d'abord jouer succuba, avec un homme, ensuite incubus, avec une femme, et entre les deux faire une insémination pas très différente de celle que font parfois les médecins de nos jours (qui par là agissent dans la ligne morale des démons). Ou encore, on a pu avoir une volonté d'occulter la vraie paternité. Si le Christianisme reposait en première ligne sur la Naissance virginale, des Juifs d'un certain type auraient une attaque assez facile. Je crois la Naissance virginale, car je crois la Résurrection. Et les miracles.
Une autre manière est dans la présence de deux traditions opposées. Genre la tradition chrétienne sur Jésus, la tradition juive sur Jésus. La tradition que je rejette, je la rejette au nom de la tradition que j'accepte, comme plus probable. Et pour ce que les Juifs disent de Jésus, je trouve surtout une absence de tradition unifiée. Leur tradition flotte un peu partout, des passages du Talmud sur un "Yeshou" pourraient viser quelqu'un d'autre qui a réellement été disciple de Josué Ben Perakhia, qui a réellement fondé une secte idolâtre, l'Odinisme, qui est donc Odin / Wotan ... car la chronologie ne carre absolument pas avec Jésus, Celui Que nous adorons. Leur chronologie entre Malachie et Bar Kokhba manque plus qu'un siècle, pour faire coller Bar Kokhba sur les Semaines de Daniel, même si, après, il l'ont rejeté. Dans cette situation, une confusion entre deux personnes très différentes est bien possible.
Il y a aussi une autre raison pourquoi la tradition juive est moins fiable que la tradition chrétienne. Les deux ont des prétentions théologiques. Or, Deutéronome 28 précise qu'en cas de fidélité, Dieu ferait avec Israël une Alliance éternelle. Les Catholiques ont (malgré Vatican II) encore le Saint Sacrifice de la Messe. Les Juifs manquent du Temple depuis bientôt 2000 ans. Les Catholiques ont eu une papauté, les Juifs ont pour la plupart de ce temps manqué un Sanhédrin. Sans de parler de Cohen Gadol, fonction qui présuppose un Temple. L'Alliance catholique ne précise pas une seule méthode de calculer les Pâques chrétiennes, par contre la Loi de Moïse précise une méthode ayant été inappliquable depuis la dissolution du dernier Sanhédrin, raison pourquoi elle a été remplacée par les calculs de Hillel II.
Il y a des gens qui prétendent que mon acceptation de la tradition pourrait me conduire, logiquement, à accepter Spider-Man ou Seigneur des Anneaux comme histoire véridique. Or, non, il y a justement une tradition que la BD est fiction par Stan Lee et Steve Ditko et le roman est fiction par J. R. R. Tolkien. J'accepte les Évangiles comme non-fiction sur le même critère que j'accepte Shazam comme fiction. La tradition depuis les premiers lecteurs connus.
Encore un argument circule de nos jours, Jésus n'aurait pas eu une tombeau identifiable, ce qui empêche l'histoire du tombeau vide d'être vrai. Mais la routine des Romains était pliable pour des raison de commodité ou même de créativité dans les inflictions de peines. On a voulu prétendre que St. Hippolyte n'aurait pas pu être tué par des chevaux comme son homonyme le fils de Thésée, parce que telle n'était pas la punition capitale chez les Romains. Eh bien, l'Empereur Valérien ou son préfet de Rome avait lu Euripide. Et ne se sentaient pas ligotés par la routine. Et en Terre Sainte non plus, puisque la chose routinière, de laisser les crucifiés pourrir sur les croix, aurait provoqué des inquiétudes. Donc, non, le récit sur St. Joseph d'Arimathie est parfaitement crédible.
Avec ces ajouts que je viens de faire (avec une réserve aussi), l'article "Il est possible de prouver la Résurrection" par Frédéric Guillaud, pages 68—71 nous évitent de faire les erreurs parfois prononcés par l'abbé Bautain et par Bonnetty. À savoir le fidéisme.
Hans Georg Lundahl
Nanterre, BU
St. Grégoire de Nazianze
9.V.2026
Nazianzi, in Cappadocia, natalis beati Gregorii Episcopi, Confessoris et Ecclesiae Doctoris, ob singularem divinarum rerum doctrinam cognomento Theologi; qui collapsam Constantinopoli catholicam fidem, ipsius urbis Episcopatum gerens, restituit, haeresesque insurgentes compressit.
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