J'y vais ajouter quelques réflexions personnelles aussi.
Tout d'abord, une certaine phrase de la constitution des États-Unis ne dit pas que les droits naturels et égaux comportent "le bonheur". Mais bien "la recherche du bonheur".
Ensuite, il explique pourquoi la distinction est importante, et pourquoi les Pères Fondateurs ayent mis la phrase dans leur constitution.
D'abord, ils ont voulu contredire les privilèges. En France royale, pas mal de chemins vers le bonheur n'étaient ouverts qu'à certains. Non, ils ont voulu dire, il ne doit pas y avoir d'obstacle légal avant que vous puissiez faire d'affaires, vous engager en politique et ainsi de suite. Si on voudrait défendre les privilèges, on pourrait dire que la carrière politique comme les affaires existent pour les autres, pas pour le bonheur personnel du concerné. Mais ceci ne change pas le propos. Il y a d'autres choses où la recherche du bonheur est ou doit être égale pour tout le monde, qui sont effectivement recherche du bonheur.
Revenons à C. S. Lewis qui n'était pas d'Action française et ne défendait pas les privilèges. Pourquoi a-t-on juste le droit à la recherche du bonheur, pas au bonheur lui-même ?
Parce que "j'ai le droit" implique "tu me dois" ... et on ne peut pas devoir quelque chose à quelqu'un qu'on n'a pas sous son contrôle.
Ce qu'on a certainement sous son contrôle par contre est de ne pas poser des obstacles abusives au bonheur d'autrui. Ou à ses démarches pas interdites pour l'avoir. On a le droit de m'empêcher de voler des vêtements, pas de m'empêcher de les coudre. Si une fille prétend que mon art de couture est trop mauvais, elle a le droit de me proposer de les coudre. Merci d'ailleurs à une fille de la paroisse St. Nicolas du Chardonnet qui avait cousu un sac de couchage dégradé par un passant (ou l'homme du nettoyage, un Musulman ?) quand on m'avait interdit d'entrer à Georges Pompidou avec.
Bon, alors quelques exemples pourquoi le bonheur lui-même d'autrui n'est pas sous votre contrôle.
Vous ne pouvez pas lui fournir des décimètres en plus (évidemment CSL n'avait pas prévu certaines opérations, et il n'en aurait pas approuvé), vous ne pouvez pas lui fournir la chance de gagner la loterie (l'écriture est un métier et non comparable à la loterie, bien entendu, et vous pouvez, certains d'entre vous, me fournir vous-même ou un pote comme début d'une maison d'édition). Un époux et une épouse peuvent avoir le devoir conjugal, mais pas de garantir la satisfaction de l'autre.
Bien entendu, certaines choses ne sont pas des droits, y compris dans la recherche du bonheur, parce que ça donne malheur à autrui ou à un-même en retard, ou au moins à la société. Mais notons, cette distinction est à prendre par voie de loi, pas sur mesure pour quelqu'un déterminé en des buts "curatives" envers un homme qui n'a pas mérité d'être soumis à des cures sans son consentiment.
En France, certains métiers sont soumis à une autorisation. Si je voudrais acheter une boulangerie, je n'aurais pas le droit, parce que je ne suis pas boulanger. Si je voudrais ouvrir une clinique, je n'aurais pas le droit, parce que je ne suis pas médecin. Je trouve ça très bien. Écrivain n'est pas de ces métiers, et bien entendu, je trouve ça très bien aussi.
Un Musulman pourra dire
"t'es clochard, t'as pas le droit d'être écrivain" ... cette loi n'existe pas en France. Un Protestant d'un certain type pourrait dire
"t'es pas mûr spitituellement, t'as pas le droit d'écrire sur Dieu" ... d'abord, là aussi, la loi n'existe pas en France, mais ensuite, ce que j'écris ne dépasse pas ce qu'un laïc a le droit d'écrire sans être prêtre. La loi n'existe pas dans l'Église catholique non plus. La Protestant a le droit de me taxer d'hérétique, dans la France (pas dans l'Église catholique). Le curé a le droit de me dire
"nous n'allons pas donner nihil obstat" (et déjà pas mal de ce que j'écris ne tombe pas traditionnellement sous cette discipline, Chesterton publiait sans nihil obstat). Le Juif a le droit de me dire (mais pas de me faire croire ça en mon cas)
"nous n'allons grand jamais lire ce qu'écrit un pauvre" (remonte à leurs idées sur les devoirs d'indépendance financière préalable des étudiants de la loi). L'Hindou a le droit de me dire
"t'es pas en train d'aquerir moksha comme ça" ...
Même mon père, même s'il croyait que mon écriture me livre au diable, n'a pas le droit légal, ni devant mes yeux moral, de m'empêcher de mon écriture ou de mes efforts de trouver des gens pour une édition. Y compris micro-éditions et y compris des petites nouvelles maisons d'édition.
Sur les journaux d'Elsevier ou les livres du groupe Hachette, je ne compte pas. Avec les petits éditeurs proches de la droite nationale, j'ai déjà essayé. Peut-être qu'une certaine culture communiste ayant collé à Doriot même après la fondation de PPF rend la droite dite nationale trop proche des Russes sur certains thématiques.
Genre de prendre l'auteur de la
Tactique du Diable pour "proche de Lewis Carroll" ou prétendre la suggestion que des adolescents et adolescentes devraient retrouver le droit de se marier qu'ils avaient eu serait un propos contre nature. Ou qu'un créationniste jeune terre devrait être soupçonné de Sionisme ou comparé au Platisme.
Hans Georg Lundahl
Paris
Sts Jean et Paul, frères, martyrs
26.VI.2026
Romae, in monte Caelio, sanctorum Martyrum Joannis et Pauli fratrum, quorum primus erat praepositus domus, secundus primicerius Constantiae Virginis, filiae Constantini Imperatoris, et ambo postea, sub Juliano Apostata, martyrii palmam, caedente gladio, perceperunt.