Or, cet argument fut attribué par mon interlocuteur à Leibnitz. Métempsychose veut, d'ailleurs, dire "transmigration d'âme" d'un corps à un autre.
Je ne suis pas sûr qu'il soit le sien, mais je vais m'efforcer à le réfuter. Tel qu'il me fut communiqué.
1) Ce que Dieu crée, Il le crée de manière énonciable.
2) L'homme ne peut pas retenir une infinité d'énoncés. Le nombre d'énoncés est donc fini.
3) "Leibnitz" (si c'était lui) aurait calculé que le nombre de gens matériellement existants dépasse depuis longtemps le nombre de séries d'énoncés possible.
4) Donc, pour deux personnes ayant vécu à deux moments, la série des énoncés se répète, et donc il y a de la métempsychose.
Voici la réfutation.
1) Ce que Dieu crée, Il le crée de manière énonciable.
Accepté. Mon interlocuteur trouvait ceci "trop optimiste" et en tant que Géocentrique et ayant un Univers moins incompréhensible que certains d'autres, je dirais "moi non" ...
Tout sauf Dieu Lui-Même est compréhensible par manière d'énoncé, à un ou à un autre, ou le sera dans le Ciel.
2) L'homme ne peut pas retenir une infinité d'énoncés. Le nombre d'énoncés est donc fini.
Ici, quelqu'un se brouille, sérieusement.
Tout d'abord, le philosophe en question nie que la compréhension sera multiplié d'une manière quasi infinie après d'atteindre le Ciel, pour ceux qui le font.
Il était (si c'était Leibnitz) Protestant et en tant que tel, il ne croyait pas que la Sainte Vierge, dans la Gloire céleste, puisse entendre des millions de prières par jour, ou plus qu'un milliard. Il considère la conscience dans le Ciel (s'il y croit) comme plus heureuse, mais pas beaucoup moins limitée que celle que nous ayons sur Terre.
Ensuite, la capacité d'un homme (sur Terre) ayant une certaine limite et celle d'un autre ayant la même limite en quantité, il n'est pas nécessaire qu'ils aient le même "milliard et un" énoncés, ils pourraient avoir "un demi-milliard et un" en commun, et ensuite l'un comme l'autre avoir encore son propre "demi-milliard", pas partagé dans cette vie par l'autre.
Chaque langue humaine, parmi 7000 ou environ, et pas mal davantage qui sont déjà mortes, tombe dans la capacité humaine d'apprendre une langue, et pourtant, la capacité d'apprendre des langues, je dirais qu'un homme comme Alexander Arguelles* est proche de la limite dans une vie post-diluvienne avec vers 100 langues, et il ne prétend pas pouvoir communiquer en toute langue à la fois, pour apprendre ou réactualiser une langue, il met pas mal d'autres "au frigo" pour plus tard ...
L'argument est à peu près aussi idiot comme si, de la capacité d'Alexander Arguelles le philosophe aurait conclu qu'il ne peut y avoir que 100 langues différentes.
3) "Leibnitz" (si c'était lui) aurait calculé que le nombre de gens matériellement existants dépasse depuis longtemps le nombre de séries d'énoncés possible.
Sans doute, il a donc sous-estimé le nombre d'énoncés, ainsi que pas estimé à sa juste valeur la capacité de diversité dans cette vie, et possiblement, s'il n'était pas convaincu de la chronologie biblique, aussi surestimé le nombre de vies de personnes. Il a pu le faire quand même.**
4) Donc, pour deux personnes ayant vécu à deux moments, la série des énoncés se répète, et donc il y a de la métempsychose.
Déjà, même si la série d'énoncés très marquants était la même, les séries d'énoncés tout petits serait différent, mais en plus, il n'y a pas de raison pourquoi les âmes ayant vécu une série quasi identique doive être la même âme.
Retournons encore au point 3.
Les philosophies qui posent un univers éternel, et qui posent que deux hommes ayant vécu "une série identique" d'énoncés sont le même, ont la même âme, doivent arriver à la métempsychose.
Si je nie les deux propos, je peux bien me tenir avec la doctrine catholique, ce que je fais de bon cœur.
Que Leibnitz lui-même ait cru à la théorie de métempsychose, je ne suis pas sûr. Les sources que j'ai consultées semblent dire non, mais je n'ai pas pu constater qu'il rejetât la métempsychose sous toutes ses formes ou juste la métempsychose dans le sens strict, donc dans le sens que l'âme quitte un corps et commence de vivre dans un autre, dans le même moment.
Je rejette la théorie, sous ses deux formes. Je pense l'avoir motivé suffisamment. Pour revenir à la Gloire céleste, nous les Catholiques, on croit que Jésus en jouissait à chaque moment de Sa Vie terrestre, déjà, y compris sur la Croix. D'où Sa capacité d'avoir pensé à tous et à chacun de ceux qu'Il a sauvés pendant ces heures de supplice et de règne.
Hans Georg Lundahl
Paris
XVIII dimanche après Pentecôte
27.IX.2026
* Alexander Arguelles
@ProfASAr
https://www.youtube.com/channel/UCRGtDF5VAywUVwgT51Ud6OQ/about
** Il y a eu un prêcheur qui pour le nombre de morts un certain jour a pris un nombre invraisemblablement haut, probablement en fonction de l'opinion de l'époque.