Florian Rouanet a tort de citer Johannes Öhquist "pour nier" la persécution de l'Église catholique par les NS · Florian Rouanet a daigné me répondre.
Merci bcp.
Mise au point sur la citation de Johannes Öhquist : statut organique et réalité historique
Publié le 19 octobre 2026 par Florian Rouanet
https://integralisme-organique.com/2026/10/mise-au-point-sur-la-citation-de-johannes-ohquist-statut-organique-et-realite-historique/
Ensuite. Il argumente. Mal ? Non. Presque bien. Il ne va pas me faire grief de citer ses arguments un par un pour les démonter.
Confondre une description institutionnelle de droit public comparé avec une absolution politique globale relève du contresens.
Johannes Öhquist allait un peu plus loin que de faire une description institutionnelle, si on regarde tout son texte, pas juste ma citation.
Voici son début :
À l’étranger, en particulier dans les pays scandinaves, on rencontre souvent cette affirmation (répandue parfois même par le clergé) que l’Église serait persécutée dans le Troisième Reich. Pour rectifier cette erreur, nous indiquons ici, à titre de comparaison, l’attitude de l’État vis-à-vis de l’Église aux États-Unis, en France et en Allemagne.
Il
nie que l'Église était persécutée, tout court. Il n'utilise pas "systématiquement" ou "dans son statut". Il parle juste d'une persécution quelle-conque comme non-existante. Il
imagine que le statut juridique de l'Église suffit pour réfuter ceci. Dans le texte. Personellement il ne le fait plus maintenant. Celui Qui l'a jugé ne le permet pas.
Or, Venceslas de Luxembourg, Venceslas IV de Bohème, donnait à l'Église catholique un statut publique beaucoup plus généreux que ne le fit Hitler. Un baptisé devait être Catholique et payer vers 10 % de divers types de revenus à l'Église. Pour l'école, on payait le dénier (au sens litéral) à l'Église, pas un impôt à l'état, au Land, ou à la municipalité. Je ne prétend pas connaître les lois de Bohème médiéval en détail, je me base sur le cas de la Suède avant notre Déforme. Pour un Johannes Öhquist, ça prouverait que St. Jean Népomucène n'était pas persécuté. Je pense que le pape qui canonisa le confesseur de la reine n'aurait pas été d'accord. Or, Pape Pie XI n'était pas d'accord :
In dieser Stunde, wo ihr Glaube im Feuer der Trübsal und der versteckten und offenen Verfolgung als echtes Gold erprobt wird, wo sie von tausend Formen organisierter religiöser Unfreiheit umgeben sind, wo der Mangel an wahrheitsgetreuer Unterrichtung und normaler Verteidigungsmöglichkeit schwer auf ihnen lastet, haben sie ein doppeltes Recht auf ein Wort der Wahrheit und der seelischen Stärkung von dem, an dessen ersten Vorgänger das inhaltsschwere Heilandswort gerichtet war: „Ich habe für dich gebetet, daß dein Glaube nicht wanke, und du hinwiederum stärke deine Brüder“.
PIUS XI. ENZYKLIKA MIT BRENNENDER SORGE
ÜBER DIE LAGE DER KATHOLISCHEN KIRCHE IM DEUTSCHEN REICH VOM 14. MÄRZ 1937
https://www.vatican.va/content/pius-xi/de/encyclicals/documents/hf_p-xi_enc_14031937_mit-brennender-sorge.html
Dans cette heure, que leur Foi est prouvée comme de l'or pur dans le feu d'adversité et de persécution surnoise ou ouverte, qu'ils sont entouré de mille formes d'illiberté réligieuse, que le manque d'enseignement véridique et de possibilités normales de se défendre pèse lourdement sur eux, ils ont un double droit d'un mot de vérité et de confort pour l'âme de celui, dont le premier prédécesseur reçut la grave parole du Seigneur "j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi," à ton tour "affermis tes frères."
Öquist, fils d'un clerc luthérien, a donc l'ambition de clouer le bec de ce clerc transalpin ou ultramontain, ce clerc papiste en chef, ce pape. Ça c'est le sens des mots :
"cette affirmation (répandue parfois même par le clergé) que l’Église serait persécutée dans le Troisième Reich."
On continue, voici Florian Rouanet :
En citant l’ouvrage de 1938, notre propos ne visait nullement à invalider l’existence de dérives antichrétiennes de la part de certains militants nationaux-socialistes – dont les répressions ciblées contre certains membres du clergé attestent la réalité, mais surtout pour raison politique -,
Merci pour la pureté de votre intention. Ma réfutation visait les mots exprimés en texte par Johannes Öquist, pas votre intention à l'époque pas encore exprimée.
Venceslas IV persécutait St. Jean Népomucène pour un idéalisme maçonnique ou communiste ? Otto von Bismarck, qu'admirait Hitler, persécutait l'Église à l'époque du Kulturkampf au nom d'une réligion plus pure ? Quand "Wilhelmus" de Nassau fait la guerre à l'Espagne catholique, il évoque d'avoir toujours honoré le roi d'Espagne, mais de devoir davantage honorer Dieu. J'allais presque dire "le Bon Dieu" mais je ne pense pas que l'expression soit fidèle au Calvinisme de Guillaume le Taciturne.
Bien entendu non. Les raisons de Venceslas IV, de Bismarck, de Gustav I Wasa, d'Henri VIII d'Angleterre étaient purement politiques, au moins au début. Certes, Gustav Wasa et Henri VIII ont fini par donner à l'Église catholique un statut encore plus brutal que celui de la III République, le statut de non-existance et d'illégalité, et de soutenir un dogme faux et anticatholique. Mais ils ont débuté, comme Venceslas et Otto, par la politique.
sinon à souligner un fait brut d’histoire du droit ecclésiastique : la différence ontologique entre le régime de spoliation et d’éradication juridique instauré par la République maçonnique française de 1905, et le maintien, par le Reichskonkordat de 1933, d’un statut d’établissement public pour l’Église (subventions d’État, impôt ecclésiastique, aumôneries et facultés de théologie).
Le régime de 1905 spoliait à son début. Comme celui du Concordat qui l'avait précédé en France aussi (dans la mesure qu'elle se trouvait dans une continuité avec la Révolution). (Je peux avoir zappé quelques étapes et retournements). Mais une fois la spoliation faite, la propriété restait telle quelle.
J'avoue certes que la réalité sous le Concordat avec Hitler était juridiquement plus proche du régime concordataire dans lequel l'Église se trouvait vis-à-vis Jules Ferry. Florian Rouanet laisse entendre que des choses comme les lois Ferry-Combe ne seraient pas une persécution systématique ? Car, pour moi, Ferry-Combe et Hitler, c'est kif kif. Au moins pour ce temps, avant la guerre, et encore, Ferry ne stérilisait pas des gens de force, même s'il réprimait les mendiants, comme Hitler aussi.
Faire grief à un texte de 1938 des répressions de 1941 ou 1943 (Mgr von Galen l’ex soutien, sœur Restituta Kafka) relève de l’anachronisme.
Je viens de l'admettre à la fin de mon texte, excusez la lenteur, je me cite :
Pour l'affaire de Münster, je crains qu'il pensait que Clément Auguste l'avait bien cherché ... mais ceci se passait après l'ouvrage de Johannes Öhquist.
Pardon, j'aurais dû dire :
Pour l'affaire de Münster, je crains qu'il pensait que Clément Auguste l'avait bien cherché ... mais ceci se passait après son ouvrage.
Je continue avec Florian Rouanet :
De surcroît, les poursuites intentées à des prélats sous couvert de délits de change (Devisenvergehen) ou d’atteinte à la sûreté confirment la formule même d’Öhquist : l’appareil d’État frappait le clergé sous des prétextes civils ou d’« opposition politique », non en abrogeant formellement la liberté du culte et le statut concordataire, à l’inverse du laïcisme révolutionnaire qui supprima les ordres religieux et nationalisa les biens d’Église par principe dogmatique.
Merci pour "frappait" et "sous prétexte", ceci n'est pas trouvé dans le texte par Öhquist.
Pour ce qui concerne "révolutionnaire", je pense révolutionnaire d'instituer un délit de change qui empêche des gens de même payer des dettes à l'étranger. C'est un peu limite expropriation.
L’argument généalogique taxant Öhquist de « césaréopapisme » luthérien est tout aussi inopérant : le traité de 1933 fut signé par le cardinal Pacelli pour préserver les bastions sacramentels et scolaires du catholicisme face à l’hydre moderne.
Je ne viens pas de critiquer Son Exc. Pacelli d'avoir signé le Concordat. L'hydre moderne dans ce cas est ce que le National-Socialisme menaçait déjà d'être sans le Concordat. Et Sa Sainteté Pie XI notait qu'elle le soit resté malgré le Concordat, un peu comme c'était le cas sous Ferry-Combes. Notamment en ce qui concerne l'enseignement. L'Église peut avoir le droit du catéchisme à l'école, et en même temps être contredite et persécutée même pour ce qu'elle dit dans ce catéchisme.
Je viens de dévoiler
le biais d'Öhquist. Son biais césaréopapiste ne s'est pas emporté contre ceci, comme celui d'Olof Sundby "archevêque d'Uppsala" ne se soit pas emporté contre les réformes d'école par Olof Palme, en tant que dernier Ministre d'affaires ecclésiales (donc de l'église ou de l'école) qui voulait une école laïque.
C’est ce contraste avec le néant de la laïcité libérale qui était souligné, et rien d’autre.
Le libéralisme laïc n'était pas un néant, à part les formes qu'Hitler emprunte plus chez Ferry-Combes que chez Clémenceau, et à part des choses où Hitler est plus communiste que libéral, dans la position, c'est le même dogme anticlérical et néo-idéaliste.
Je cite encore Mit brennender Sorge :
Habet acht, Ehrwürdige Brüder, daß vor allem der Gottesglaube, die erste und unersetzbare Grundlage jeder Religion, in deutschen Landen rein und unverfälscht erhalten bleibe. Gottgläubig ist nicht, wer das Wort Gottes rednerisch gebraucht, sondern nur, wer mit diesem hehren Wort den wahren und würdigen Gottesbegriff verbindet.
Wer in pantheistischer Verschwommenheit Gott mit dem Weltall gleich setzt, Gott in der Welt verweltlicht und die Welt in Gott vergöttlicht, gehört nicht zu den Gottgläubigen.
Prenez garde, Vénérables Frères, que surtout la Foi en Dieu, la première et irremplaçable base de chaque religion, soit préservé pure et non frêlatée dans les pays germaniques. Croyant en Dieu n'est pas qui utilise le vocable Dieu de manière rhétorique, mais seulement qui, à cette Parole noble unit le vrai et digne concept de Dieu.
Qui dans un flou-flou panthéiste fait égaler Dieu avec l'univers, qui rend Dieu mondain dans le monde et qui divinise le monde en Dieu, n'appartient pas aux Croyants de Dieu.
Il faut savoir que Gottgläubig (désignation que Pie XI prend au pied de la lettre) en Allemagne désignait une religion panthéiste, le "Croyant de Dieu" Bohrmann était à peu près aussi athée que le Juif Stephen Jay Gould et le pape Pie XI lui fit un compliment de le prendre au moins pour aussi panthéiste que le Juif Spinoza, mais ça aussi a dû exister. Dans les SS, la moitié était protestante, un quart de chaque était Gottgläubig ou Catholique, et les Catholiques, je ne veux pas dire pour Le bataillon Charlemagne,* je veux dire en Allemagne avant la guerre, devaient être assez peu pieux.
Le curé qui fit le catéchisme dans une école allemande devait sans doute coexister avec un professeur d'histoire qui glorifiait les Protestants et vilifiait les Catholiques et ringardisait le curé.
Que Florian Rouanet semble de reconnaître ceci est bien, mais ce n'était pas le cas avec l'extrait de Johannes Öhquist. S'il le savait, à la fin assez probable, il pensait assez probablement que l'état était dans son droit.
Hans Georg Lundahl
Paris
St. Ursule et Compagnes, martyrs
21.X.2026
Apud Coloniam Agrippinam item natalis sanctarum Ursulae** et Sociarum ejus; quae, pro Christiana religione et virginitatis constantia ab Hunnis interfectae, martyrio vitam consummarunt, earumque plurima corpora fuerunt Coloniae condita.
* Je vérifie la wikipédie :
https://fr.wikipedia.org/wiki/33e_division_SS_Charlemagne
Pas impliquée dans des crimes de guerre, que je puisse constater. Des gauchistes sur wiki ne les auraient pas loupés, sinon.
** En affaires scolaires, on ne peut pas ne pas mentionner les Ursulines. Et Madame de Maintenon :
Obligatoire n'est pas gratuite Sinon, St. Hilarion aurait eu précédence.