Thursday 7 December 2023

Aussi à propos de l'interview de Mme Sigaut


Je cite, Rivarol n°3591 :

M. S. : Ce sont les magistrats du Parlement de Paris qui ont créé l’Hôpital-général, sous l’impulsion de la Compagnie du Saint-Sacrement, compagnie de dévots laïcs organisés en société secrète. Ils utilisaient l’argument du « Dieu caché » pour cacher leurs bonnes œuvres, la bonne blague. Si on se cache, c’est qu’on a quelque chose à cacher, point. Ces dévots laïcs sont ceux que Molière étrille fort bien dans Tartuffe : faites ce que je dis, pas ce que je fais. Leur obsession d’avancer masqués pour leurs bonnes œuvres n’a pas abusé Mazarin qui a prévenu le roi qu’ils devenaient un État dans l’État et les a fait dissoudre.

Je n’ai pas étudié les registres de l’Hôpital-général à leur époque, mais il est plus que vraisemblable que ce que j’ai découvert en 1750 avait déjà cours en 1660. Ce sont eux qui ont rédigé les statuts de l’institution, qui ne laisse aucune chance aux pauvres, et organise l’opacité la plus complète sur leur gestion. Un exemple ? Pour pouvoir écrire sur l’Hôpital-général, il fallait l’autorisation écrite d’au moins deux directeurs ! Vous imaginez ?


Je me souviens d'avoir vu dans un livre de la bibliothèque de Beauvais, que :

  • à l'époque de St. Vincent de Paul, on considérait plus méritoire de donner argent directement aux pauvres que de faire pour ainsi dire de la "charité organisée" ...
  • pour ce fait, il avait même considéré de refuser de devenir aumônier à l'Hôpital, on a dû l'obliger par son obéissance.


Dans le rapport Sauvé, il y avait sur les abus commis par des clercs, mais aussi sur ceux commis par des bénévoles. Si je me souviens bien, encore plus nombreux./HGL

Item B :

R. : Les gens ignoraient donc, jadis, que des malfaisants usaient ainsi des enfants ?

M. S. : Je suis tout à fait perplexe : je n’ai pas trouvé de signe d’une quelconque prise de conscience de ce crime alors que, quand j’ai commencé à tirer les fils, ce sont des centaines, des milliers de noms de gosses disparus qui ont noirci mes listes. Et personne n’a rien vu ? Jamais ? Depuis que des chercheurs se succèdent aux archives de l’AP-HP…


Il me semble qu'à l'époque la pédocriminalité n'était pas une catégorie pénale à part entière, l'abus d'un garçon de 6 était puni, comme l'abus d'un homme qui consentait à 26, comme "sodomie" ... dans les deux cas, la peine de mort était prévue./HGL

No comments:

Post a Comment