Friday, 10 January 2014

Est-ce la loi marocaine ou la famille de la victime qui était coupable?

Je viens de recevoir un e-mail d'Avaaz:

Amina Filali n'avait que 16 ans quand elle a été violée, battue puis obligée d'épouser son violeur avant de se suicider — la seule échappatoire face au piège tendu par son violeur et la loi marocaine. Nous avons rejoint les associations marocaines qui mènent campagne depuis des années pour en finir avec cette disposition et, maintenant, la victoire est à portée de main. Cette semaine, un dernier vote peut nous permettre de gagner.

L'article 475 du code pénal marocain autorise un violeur à échapper aux poursuites et à la prison à la condition d'épouser sa victime quand elle est mineure. C'est le pire cauchemar pour toutes les survivantes de viol et pour Amina, c'est devenu la réalité. Mais maintenant, après le soutien de centaines de milliers d'entre nous, un vote pour en finir avec cette mesure est enfin envisagé. Si ce vote est organisé, l'annulation est quasi certaine. Tout ce que nous avons à faire, c'est une dernière mobilisation pour inscrire ce vote à l'agenda du Parlement cette semaine.

...

Quand Amina a été violée, sa famille a porté plainte auprès de la police dans sa ville de Larache. Mais au lieu de poursuivre le violeur, le tribunal lui a offert la possibilité d'épouser sa victime -- et la famille d'Amina a accepté la proposition. Après son suicide, les membres d'Avaaz se sont mobilisés aux côtés des parents effondrés et des associations marocaines via une pétition de plus de 800.000 signatures en faveur d'une réforme, et une couverture médiatique internationale. Le gouvernement avait promis une réforme, mais rien ne venait -- jusqu'à aujourd'hui.


Le problème n'est pas que le violeur aurait pu échapper à la prison si la victime avait voulu elle-même l'épouser.

Le problème est que la famille de la victime a forcé celle-ci à l'épouser.

Le problème n'est pas la loi, mais cette famille et en général trop d'ingérence familiale dans le mariage des filles de la famille. La générosité aurait dû être décidée par elle-même (et ensuite confirmée par les parents), ou ne pas avoir lieu de tout, aussi selon sa propre décision.

Changer la loi pour qu'une future victime qui voudrait réellement pardonner (par exemple par ce qu'il était question d'une amitié tournée un moment mal) ne puisse pas le faire ouvre la voie pour d'autres tragédies. Et ne changerait pas en profondeur une mentalité selon laquelle la fille est quasi propriété de sa famille.

Hans-Georg Lundahl
BU Nanterre Paris X
St Paul Premier Hermite
ou plutôt (celui-ci se célèbre
le 15), un autre
St Guillaume de Bourges
10-I-2014

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